Auteur Sujet: [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.  (Lu 9467 fois)

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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #45 le: 27 août 2017 à 21:13:33 »
Bien!

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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #47 le: 28 août 2017 à 09:31:28 »
Sympa le petit hommage, t'es une vraie mère poule Mehdingue... ;)
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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #48 le: 28 août 2017 à 11:02:08 »
Ahahah le pov' Pierre. Avec son chien, sa bite et son couteau. Le pauvre. C'était même pas sa moto. On allait pas le laisser galérer comme ça et puis au pire en cas d'accident on aurait récupéré un camion de plus pour notre camp de manouch'!!!!  >:D :2funny: :2funny: :2funny:

Note: incroyable mais vrai on a trouvé plus à l'arrache que nous l'an dernier! 8)

Ficèles de caleçons a Mehdi etc etc etc... A Flo aussi qui fait un beau rally. 8)
L'assistance... On est tous DéCHIFONCéS (TM lyonmotard). Mais bon faut avouer, c'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de voir son pote réaliser son rêve. :top: Et ça...
« Modifié: 28 août 2017 à 11:03:46 par Ben »

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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #49 le: 28 août 2017 à 12:29:04 »
Zedixair chargée raz la gueule, il est temps de l'enfourcher. Purée qu'elle est lourde avec tout ce chargement! En ce beau matin d'août, il me faut rejoindre une bourgade du 63, où chaque année, une joyeuse bande de motards et motardes de tous âges ont l'habitude de migrer. Afin de ne pas perdre de temps et pour éviter de secouer le m3 arrimé à la selle passager, j'opte pour l'autoroute. Calé à 110, je songé à la belle semaine qui s'annonce, avec une pointe de stress: la moindre contrariété mécanique pourrait à tout moment remettre en cause un an de préparation. Partant seul, je ne peux m'encombrer de pièces techniques et je ne dispose même pas d'un levier de rechange: gamelle strictement interdite!

Voyage parcouru dans le calme, je suis un homme heureux: on y est ma vieille! Nous sommes mardi, il est midi, une dizaine de pilotes sont installés là, la plupart sont en famille. Je suis seul mais pas pour longtemps. Moto déchargée, tente plantée, sustenté et désaltéré (qu'il fait chaud bon sang!) je m'en vais me présenter auprès des équipes déjà installées. L'accueil est chaleureux, les premiers échanges sentent la franche camaraderie et me plongent dans une atmosphère digne des paddocks du feu Continental Circus que je n'ai pourtant jamais connu.

A partir de maintenant, chaque minute de lumière du jour compte. En effet, pour cette édition 2017, je compte me passer du dérouleur de road book, car je n'en ai tout simplement pas et que la navigation au RB et moi, ce n'est pas vraiment une histoire d'amour. C'est donc avec une simple carte et une photocopie des xx pages de rb que je me lance dans les premiers km de reconnaissance du parcours routier. A peine mamie a-t-elle sorti ses roues du village que je commence déjà à jardiner. Il faut dire que le tracé est un peu folklorique avec un chemin de terre de 1km dès la sortie du bled. "Alors, si je comprends bien, ce doit être ici... non, pas sûr... bon tant pis essaie...", après plusieurs fausses routes, des chiens qui me courent après au détour d'une ferme (j'ai eu très peur!), je laisse tomber et file directement vers l'entrée d'une spéciale. Pour le routier, on verra demain... de toutes façons, il est déjà 18h et j'ai assez roulé pour aujourd'hui. Je serai sans doute moins perdu après une bonne nuit de sommeil. A peine douché et changé, Robert Degaudez, multiple champion de France dans l'histoire de la discipline, et sa femme, m'invitent à ne pas rester seul. Armé d'un saint nectaire et de pain, je m'en vais partager le repas avec toute sa petite troupe (sa fille court elle aussi...) à la logistique de haut vol. On sent qu'il y a un gros passé de courses dans cette famille. Sitôt attablés, nous faisons connaissance. Ce pilote est une bibliothèque vivante. Il en connais plus que quiconque sur la discipline qu'il pratique depuis près de 40 ans! Il me prodigue déjà quelques conseils bien sentis dont je ne rate aucune miette.

La fin de soirée est aussi l'occasion de faire d'autres connaissances, comme celle d'Olivier Crespe, venu lui aussi en famille. L'arrivée du motor-home EMC est assez impressionnante. Ca sent la technologie de pointe, et au milieu de ce coin de nature rustique, cela apporte un certain décalage qui, je ne sais pour quelle raison me plaît bien. Deux trails préparés jusqu'au bout des ongles finissent par s'extraire de cette grosse logistique. L'un d'eux sera mené par par l'équipage Toniutti  / Speck. Voir du Beringer sur une Af'touine me laisse dubitatif, mais quand on sait comment tartine julien, ça doit pouvoir se justifier sans problème.

L'heure passe, il est temps de dormir. La nuit est froide, humide, bruyante (saleté de cleb's!). Je suis à peine réveillé, encore sous le tente,quand Olivier Crespe me propose de partir en reco dans sa voiture. Impossible de dire non: c'est une chance incroyable car s'il est toléré de passer une fois au ralenti avec sa moto moteur coupé dans les spéciales, on ne peut y faire une véritable reco par ce ce moyen (interdit!). La voiture d'Olivier m'enlève donc une belle épine du pied! Nous partons à trois vers une spéciale, puis vers l'autre, nous faisons plusieurs passages lents, descendons de voiture, observons chaque piège susceptible de nous satéliser le jour de la course, nous partageons nos avis et finissons par nous dire: "on verra bien!". Retour au camping pour casser la croûte et je repars, à moto cette fois, avec mon désormais ami Robert Degaudez et sa fille. Voilà un beau trio (honda XLR, CB 500 et ZXR) guidé par la petite Cébé. Nous roulons à allure lente sur le routier "sud", ce qui me permet d’enregistrer chaque intersection, chaque panneau, chaque hameau... Nous retrouvons Gelles à l'issue d'un parcours à la fois magnifique ( Mont Dore, patûres, villages en pierres volcaniques...), technique (pour moi) et piégeux par endroit (beaucoup de tracteurs et de saletés sur les petites routes).

A peine rentré, je repars, mais cette fois avec Olivier, que j'ai réussi à convaincre d'aller faire un tour. Il me guide, muni de son rb, sur le tracé nord. Le rythme est déjà plus dans la tarine. Ca tombe bien, j'aime les tartines! Je garderai à vie en mémoire l'image de sa 800 MV brutale enquillant une ancienne route nationnale désafectée, sur laquelle poussent des salades et autres pissenlits dans un sous bois où l'on devine que les matins seront humides. Retour au camping pour ce routier qui me semble plus simple à retenir.

Les deux boucles sont faites, mais vais-je pouvoir les retenir? Et surtout les faire en sens inverse, de nuit... Cette question me plonge dans le stress, alors je reprends la carte. J'essaie de mettre en relation les infos de cette dernière avec les réalités observées sur le terrain. Il y a des zones floues dans ma mémoire. Demain il me faudra mettre les bouchées doubles, car nous serons déjà jeudi et qu'à partir de vendredi midi, je ne pourrai plus reconnaître le routier (contrôles administratif et technique, briefing...).

Des nouveaux voisins arrivent, la soirée sera encore riche en rencontres amicales et partages d'expériences.

Le jeudi matin arrive et les nuits froides et bruyantes s'enchaînent: mais comment peut-on laisser gueuler ses chiens comme ça toutes les nuits à moins d'être sourd? Ce sont les désagréments de la campagne et, ma foi, ils ne sont pas pire que ceux de l'enfer urbain. Revenons à nos motos. Tanguy et Thibaut sont deux frères et aussi mes voisins de camping. Deux grands passionnés un peu fêlés, toujours prêts à te rendre service. Bref, deux p'tits gars comme j'adore! Je les vois s'équiper de bon matin. Ils m'invitent à partir avec eux sur le routier nord. Je les accompagnerai jusqu'à l'entrée de la spéciale où je ferai demi-tour pour voir si je peux rentrer sans me perdre par le rb en sens inverse (en vue de la nuit). C'est un succès qui me rassure. Je pars alors de nouveau vers le routier nord mais cette fois par l'autre morceau que je fais également dans les deux sens: cette fois c'est bon, le routier nord est dans la tête, impossible de m'y perdre. Je revisionne la carte et cette fois, tout me parle, tout me renvoie à des points de repère: je suis OK!

La soirée s'engage, comme à l'accoutumée désormais. Il y a toujours une team sympa pour me proposer un café, une collation ou simplement un moment de blabla orienté expérience rallye. J'en apprends plus ici en quelques jours qu'en plusieurs années de pratique de ma passion dans mon coin.

Vendredi matin, ultime repérage routier. Je vais vers le sud. Dans le sens jour (je n'ai encore jamais fais la sud en sens de nuit...). Je béquille à l'entrée de la spéciale quand un camion me demande où est l'entrée de la spéciale. Je reconnais cette ganache. C'est Julien Tonuiutti. Il comprend que je n'ai que ma moto et me fais grimper dans son camion pour une reco' avec lui. J'essaie de me taire, pose quelques questions naïves. Tout est méthodique dans sa manière de faire, j'apprends de lui. Ne voulant pas abuser, je remonte en selle et arrive au camping en même temps que la première voiture de mon équipe d'assistance.

A peine le temps de manger, il est l'heure des contrôles. Les officiels sont drôlement sympas et font tout pour aider les mal organisés comme moi. Il me laissent même accéder à un PC pour retrouver mon numéro de licence, que je n'avais pas imprimé avant de venir ici. Le contrôle technique se fera sans problème grâce à tout l'entretien fait cet hiver, la moto respire le sain et ça se voit. J'ai même droit à quelques mots de félicitation pour l'état de la machine de la part des contrôleurs. Tonton, mon team manager, appréciera le compliment à sa juste valeur...

La seconde partie de ma joyeuse équipe d'assistance débarque. La course se rapproche. Dernier dodo avant le grand RDV. Je suis à la fois confiant et un peu craintif. Je dois être dans le juste milieu au niveau des émotions. Peu importe, il faut se vider la tête, ce n'est plus le moment de penser mais de dormir. La fraîcheur d'esprit jouera demain, c'est certain. J'ai appris de mon premier rallye l'an passé, que le rallye est avant tout une histoire d'endurance à la concentration. Quand il faudra lire la route de nuit au milieu des fermes et des gravier, il ne faudra pas perdre une miette de concentration!


Cette fois les chiens se taisent... et je dors au chaud dans la voiture. Je suis en pleine forme. Vivement que ça commence! Pour ne pas stresser et perdre de l'influx nerveux, je chausse mon collant de sport (et oui, ça caille le matin ici!) et mes runnings pour un petit réveil musculaire. L'activité physique est anti-stress, c'est les scientifiques qui le disent, alors...


Une faille spatio-temporelle plus loin, me voilà en train de faire un dernier bisou à ma chérie avant d'enfiler le cax. J'entends  le speaker me présenter. On y est! Le carton de pointage est au chaud, première, je sors du camping. La course commence.
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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #50 le: 28 août 2017 à 13:37:15 »
Miam ! C'est beau un tel (début) de CR :love:

Je suivrais ça jusqu'au dernier point, c'est sûr :top:
Il n'y a pas de bonne monture pour voyager. Il n'y a que celle avec laquelle tu te sens bien et dont tu acceptes les contraintes. Mélusine Mallender.

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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #51 le: 28 août 2017 à 14:04:55 »
Superbe CR Mehdi, ça commence bien!  :top:

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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #52 le: 28 août 2017 à 14:14:43 »
Ce prologue est génial !

Comme Goyakla, je compte bien ne pas perdre une miette de la suite de ce superbe récit. :top:
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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #53 le: 28 août 2017 à 14:16:10 »
 :top: :top: :top: :top:
EX two strokes powerrrr

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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #54 le: 28 août 2017 à 14:53:07 »
Merci Mr Dingue  :top:

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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #55 le: 28 août 2017 à 15:42:25 »
Partir pour la boucle nord est rassurant. C'est le routier que je maîtrise le mieux. Ma mémoire est bonne, je pointe dans les temps malgré 1km à faire sur de la terre et pas mal de secteur lents. Je dois assurer car glisser sur les graviers en sportive, ça se rattrape mais pas forcément à chaque coup et on y laisse des forces.  L'entrée de la spéciale est là. Pas une goutte de stress. Je compte assurer car nous sommes en altitude, je suis dans les premiers numéros, il est encore tôt et l'humidité est encore là ci et là. Le départ a été rebouché la veille et je n'ai pas pu voir ce qui a été fait sur les nids de poules (très grosses les poules!). Dans le doute, j'irai avec une bonne grosse marge. Heureusement! Dès les premières enfilades en descente, j'élargis, me place mal, me jette trop tôt et suis obligé de relancer tard. Je manque deux fois mes rétrogradages par oublis de coups de gaz: ooops! "t'es à la rue Mehdingue, cherche pas, sors de la spéciale sans te bourrer ce sera déjà pas mal, ce qui est perdu est perdu, tant pis, cherche pas à rattraper!". Je sors de la spéciale soulagé de finir. On m'annonce un 2'14. Je ne sais pas ce que ça vaudra, et à vrai dire, ce n'est pas l'essentiel. Le principal est d'être passé sur mes roues, mal, mais sans frayeur. Je rentre par ce routier qui m'est familier, je me sens de mieux en mieux connecté avec ma moto. Gelles et les copains sont là, j'arrive largement en avance pour pointer à l'heure prévue. Je suis heureux, la confiance vient, je le sens.

15' d'assistance c'est court. Lolo, Ana et Laurette me forcent à grignoter, ils ont raison. La course sera encore très longue! Je bois beaucoup d'eau, Lolo gère tout mon équipement, Ben et Tonton vérifient le bolide, font le niveau de carburant et on repart serein. Ana et Laurette sont un peu dans l'angoisse mais je sens qu'elles font tout pour ne pas me la transmettre. Pointage au départ et gaz! "On dirait le suuuud, le temps dure longteeeemps, et la vie sûrement..." Je fredonne de joie sous le cax avant de me reprendre car il n'est pas question de se dissiper. Il faut repasser par le même début que la boucle nord, c'est à dire dans le chemin qui s'est déjà bien dégradé suite au premier passage des concurrents. Je bifurque pour aller sur la spéciale du Bessat. J'arrive à l'heure sans me perdre, sans stress.

Une nouvelle fois, j'y vais sans forcer. Pour autant, j'ai l'impression de connaître chaque bosse, chaque trajectoire. Je suis dans l'anticipation. Techniquement, je foire deux trois trucs, je suis souvent trop bas dans les tours et freine globalement trop longtemps avant de relâcher le levier en entrée mais je me sens connecté à la moto. Durant toute la spéciale, elle et moi ne formons qu'un. Je voulais y aller cool, mais à l'aise, je suis sorti sorti avec l'impression d'avoir bien tartiné. J'ai un sourire jusqu'aux oreilles. La moto n'a jamais amorcé de glisse, seule la fourche manquant de retenue (détente non réglable...) m'a donné quelques flous lors des phases de relâchement des freins sur l'angle en entrée. Pas vicieux mais assez déstabilisant (effet cheval à bascule). Je suis toujours hésitant sur le choix de mes rapports de boîte. Toujours est-il que je crois avoir mieux roulé que dans la spéciale de Coheix (plus lente). Je me suis senti bien mobile sur ma machine sans avoir à y penser. Je suis content de moi globalement même si je sais où gagner encore de la performance. Les commissaires, sympas, m'annoncent 2'01. Là encore, je ne sais pas ce que ça vaut mais j'ai la conviction que sur celle-ci au moins, je ne serai pas dernier.  Retour à Gelles! Mince, je me trompe et tourne à gauce à la sortie de la spéciale! Je m'en rends compte, mais le temps de faire demi-tour, j'ai bien perdu 4' à jardiner! Heureusement, le routier sud restant est long (environ 45km) ce qui me laisse assez pour remonter plusieurs numéros m'ayant dépasser durant mon jardinage. J'arrive avec un peu de marge à Gelles. Ouf! Il eût été regrettable de prendre une pénalité pour ça...


Assistance toujours au top avec toute la fourmilière qui s'active, mais dans le calme, dans la confiance. Je me détends. On m'annonce que je suis bien. Je ne sais par qui , ni comment, mais on m'annonce que je suis bien au niveau des temps. Lolo me rend mon cax, Ana immortalise avec quelques clichés. Je remonte sur une moto bien vérifiée par mes deux mécanos de choc. Bisous indispensable à Laurette et je m'élance à nouveau vers le nord avec comme seule intention de trajecter plus propre, ce qui ne devrait pas être trop compliqué vues celles prises au premier passage. Le routier est désormais une formalité, les routes étant sèches. partout à cette heure avancée de la journée. 3,2,1, Gaaaaaaaz! Oooops, j'ai oublié de fermer ma visière. Crétin, je coupe les gaz et la ferme avec la main droite avant même de passer la 2! Quel idiot! C'est la seconde fois de la matinée que je commets l'erreur. Il faut dire qu'il fait si chaud à l'arrêt en cette mi-journée de canicule, qu’inconsciemment, je la préfère ouverte! Bref, la devise reste la même: ce qui est perdu est perdu, il ne faut pas chercher à rattraper. Je passe la spéciale en trajectant un peu mieux mais je sors en 3 d'un droite qui amorce une cuvette. Tant pis pour l'accélération, encore une fois, c'est du temps perdu mais on ne peut pas revenir dessus, donc concentrons-nous sur la suite! Je sors de la spéciale en pensant avoir roulé un peu mieux. Ca se confirme avec 3" de moins: 2'11 me sont annoncés.

Je profite du routier nord que je vois pour la dernière fois. Au prochain passage, il fera nuit et je serai en sens inverse. Je m'en mets plein les yeux: je jubile de bonheur sur mon fidèle destrier. J'arrive au contrôle horaire avec assez de marge pour jeter un oeil aux temps affichés au pc course. Je me cherche. Je ne me trouve pas. Je flippe. Qu'ai-je fait? Habitué au fond du fond du classement (dernier l'an passé...), mon regard n'était pas monté jusqu'à la première page. Et pourtant, j'y figure! Je vois un Mehdigue 25ème sur la première spéciale sud! Il doit y avoir erreur,, je vérifie le temps, c'est bien ce que le commissaire m'avait annoncé en sortie de spéciale: je n'en reviens pas! Un rapide regard sur les place 1 à 24, je ne vois que des rally1 et 2, et pas de classique. Wow! Vite, va pointer gros béta! Faire un temps c'est bien, à condition de ne pas prendre une pénalité...

Le petit manège de mon assistance se remet en place, je bois, je bois, je bois... Et on y retourne!

Sur les conseils avisés de ma team, je repars pour le sud avec comme unique objectif de ne rien gâcher. Je roule plus détendu encore, me concentre à bloc, mais c'est plus fort que moi: je la kiffe cette spéciale. Je la trouve parfaite pour ma moto. Autant je rêve d'un supermot dans coheix, autant je ne changerai pour rien ma zxr dans le Bessat! A l'entrée de la spéciale, il faut aller pointer et attendre car la spéciale est neutralisée par une boîte. Il faudra partir pneus froid. Ce sont les aléas de la course, mais là encore, il faudra en tenir compte au moins sur le premier km. On assure tout en tartinant et l'adorable commissaire d'arrivé m'annonce 2'00 tout rond. Cool, j'ai même amélioré un peu...

Content de ce passage, je garde la devise du jour: assure, surtout dans le routier. "Souviens-toi de tes erreurs de l'an dernier" me dis-je (j'avais chuté dans le routier, quel boulet...). Ainsi, et sans me tromper de route en sortie de spéciale, je m'en vais humer les hauteurs du Mont Dore avant de redescendre sur Gelles via ce tracé d'une beauté à peine croyable. J'ai l'impression de faire partie des éléments, je me sens à ma place sur ces routes, quand je vois trois moto arrêtées. La DR numéro 3 vient de chuter. "Pas de bobos? non? Ok, j'y vais! Ayant perdu un peu de temps dans cette histoire, les numéros 1,3,5, et 7 me filent le train et finissent pas me passer car je les sentais pressés et que ma devise restait la même: assurer partout!

L'étape de jour s'achève. Je serai bien reparti pour le plaisir tant ce fut bon, mais sportivement, je suis content d'avoir bouclé la moitié de la compétition. La moitié restante sera la plus difficile: la nuit!

On pointe, on déplie la béquille, mes équipiers se jettent sur la moto pour la stabiliser et la lever. Je file illico à la douche pour pouvoir me reposer ensuite. Je réussirai même à dormir un moment avant de manger correctement. Ma mémoire me fait défaut sur cette longue pause. Mes pensées sont sportives. Comment vais-je faire pour me retenir? En effet, je dispose d'une avance très confortable sur les autres classiques. 29ème (mon numéro de l'an dernier tiens...) de l'étape de jour, je suis très content de cette place inespérée avant le départ. Mon objectif reste le même: faire mieux que l'an passé où j'ai terminé "bon" dernier!

Tonton voudrait que je me lâche un peu pour entrer dans le top 15. Avec les abandons et pénalités possibles dans la navigation de nuit, le défi semble à ma portée. Mais non: je refuse catégoriquement de sortir la grosse attaque. Mon éclairage de nuit est limité à deux ampoules de bonne qualité et à deux additionnels diffus. Je manque clairement de profondeur de faisceau pour attaquer. De plus, dans ce sens, les spéciales se mélangent dans ma tête. Je partirai donc en me disant que j'ai assez d'avance sur mon ami Rob', pour passer dans les spéciales comme si j'étais sur le routier. Je vais donc rouler comme avec les copains de Lyonmotard, lors de nos sorties enroulées dynamiques, ni plus ni moins. A cette heure ci, je ne le sais pas encore, mais je sais maintenant que j'ai bien fait. La nuit apportera son lot de chutes. Ma stratégie m'en préservera jusqu'au bout.

"C'est pas le tout mais il va falloir y aller garçon!" me lance Ben, Tonton ajoutant "Et sors toi les doigts!" ce à quoi je répond "Oui, je m'équipe et non, je ne vais pas me les sortir! Je vais a-ssu-rer! Compris? Tonton rigole et finit par acquiescer avec un large sourire en prime. Heureusement car il suffit qu'il dise un truc celui-là et je le fais, donc, heureusement qu'il n'a pas insisté pour que je cherche la perf absolue, j'aurai été capable de tout gâcher dans une gamelle.

La nuit tombe, je pars dans les premiers numéros.
« Modifié: 28 août 2017 à 16:06:19 par Mehdingue »
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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #56 le: 28 août 2017 à 17:12:27 »
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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #57 le: 28 août 2017 à 17:15:48 »
La nuit: du noir, des étoiles, des animaux sauvages, une absence totale de circulation sur ces micro-routes et une atmosphère à la fois apaisante et stimulante. J'ai toujours aimé rouler la nuit mais là, j'avoue, je le sens moyen. Alors, partir pour le nord que je maîtrise mieux en terme de navigation (pour rappel, j'ai fait l'impasse sur le dérouleur de rb) me réconforte un peu. J'essaie mettre un peu de rythme sur le routier pour tester mon niveau d'éclairage dans les virages serrés. C'est pas mal, sans plus. Je manque clairement de profondeur de faisceau lumineux, même si c'est bien mieux que l'éclairage "à la bougie" d'origine.

Je rejoins le départ de la spéciale, une fois encore dans les temps: cool! Je me concentre et gaz! Je ne sais pas comment je passe car je manque d'élan en entrée, mais ça passe. Je ralentis à la sortie d'un gauche, voyant un phare dans le talus. Je me souviens des consignes: "accident, tu ralentis et tu finis la spéciale", c'est ce que je fais, sauf qu'il s'agissait d'un commissaire qui avait sans doute une frontale ou une lampe de poche! Ce que j'ai perdu en secondes dans cette confusion, je le gagne en expérience pour l'an prochain: de nuit, je ne porterai plus jamais mes yeux sur les lumières qui sont hors du faisceau. Je sors de la spéciale en augmentant mon temps de jour de 3" par km. Ca me semble beaucoup mais un rapide calcul me signale que ça doit faire à peu près le temps du second classique lors du passage jour... mais dans l'autre sens, donc difficile de jauger. De toute façons peu importe! Que la spéciale soit passée il y a deux minutes ou il y a deux sciècles, on s'en fiche, c'est déjà du passé. "Rentre sur tes roues, ce sera déjà bien..."
Les retour de la spéciale est assez court dans ce sens, il y a le chemin à passer, il va falloir s'employer pour pointer dans les temps. Sans plus de deux minutes de marge, j'arrive au CH. Ce que je ne sais pas encore, c'est que le temps que je viens de réaliser sera annulé par la suite, comme pour tous, suite à une neutralisation définitive de la spéciale. Un top pilote, s'est envolé au passage d'un pont et les secours peinent à le sortir du trou. Heureusement il s'en tirera assez bien avec quelques blessures légères.

Pas le temps de traînasser à l'assistance. 15', de nuit, ça me semble autant que 5' de jour! Alors on y retourne. Je stresse un peu. Je ne suis pas certain de ma route sud dans ce sens et l'obscurité masque mes repères pris en journée. Merci au side n°13 qui m'a facilité la vie en plus de me régler les yeux. A son guidon, un brin de femme fait virer l'engin avec une incroyable dextérité. Je n'avais jamais suivi un side sportif de ma vie, et là, de nuit, j'ai un spectacle hors norme. Je dois me retrousser les manches pour suivre son rythme. Le roulage se fait en toute sécurité, sans excès, mais sans jamais faiblir non plus! Au final, je craignais de pointer trop tard en partant de Gelles mais pointerai à temps avec une marge confortable me laissant le temps de nettoyer ma visière crépie d'insectes, en 45km seulement.

On fixe l'horloge, on respire... pan! Je pars comme une balle! La spéciale me revient, je bombarde, et là, je pense... "on a dit cool, Mehdingue... cool..." Je casse le rythme, passe sur le frein moteur en lâchant tôt, je passe propre mais pas fort pour un temps que j'ai oublié mais qui est encore de l'ordre de 3" au km en plus par rapport au passage jour où j'avais quand même un peu tartiné.

Pas par peur de m'égarer mais désormais plus par plaisir féérique, j'attends mon side-car préféré pour m'en remettre une louche sur le routier: y'a pas à dire, c'est beauuuuuu!
Vu le rythme de ce dernier, pas de stress, on sera à l'heure au CH d'arrivée.

Il est tard, ma mémoire a un trou, je repars pour le nord quand au milieu du routier on nous stoppe tous les uns après les autres. La spéciale est annulée suite au crash évoqué plus haut on a perdu deux numéros, le 3 et le 5 de mémoire. En convoi, nous sommes rapatrié au départ, au camping. Max' nous briefe sur les évènements et les adaptations en cours. J'en retiens qu'il ne me reste qu'un passage au sud à faire. Avec mon désormais fidèle allié à trois roues, ma zxr file sur le Mont Dore avant de s'engager dans le dernier secteur chrono. Il y a bien plus à perdre qu'à gagner, alors encore une fois j'assure à fond. Je me fiche du temps, et rentre au village départ pour sauter dans les bras de mon équipe. La nuit a été longue, stressante, imposant une vigilance de tous les instants. Je suis à la fois, en extase et frustré que ça s'arrête "déjà". Je me sentais prêt à enchainer pour un second rallye complet! Presque pas fatigué, je réalise à quel point ma préparation physique a été une alliée pour cette épreuve.

Nous nous congratulons, buvons un jus de fruit, ouvrons une bonne bouteille de rouge (même si je ne bois jamais) et tout le monde aux plumes. Tout le monde? Non! Tonton est comme moi, trop excité pour dormir. Je ferai nuit blanche, repassant le film dans ma tête tout en refaisant le monde avec Tonton. Le soleil se lève, quelques mines déconfites s'extraient des tentes et des camions. C'est l'heure de prendre des nouvelles des nouveaux amis rencontrés tout au long de cette folle aventure. Tout le monde semble heureux. Tous me félicitent mais ce n'est pas moi qu'il faut féliciter mais:
-Tonton, mon chef d'équipe, qui a consacré une immense partie de son temps libre depuis un an pour m'aider à préparer la machine, me guider dans tous mes choix et me recentrer sur l'essentiel quand mon esprit tend à se dissiper.
-Ben, mon ami et sa copine Anaïs, pour leur logistique et assistance sans faille.
-Laurent Mo', électricien compétent et coach pilote durant l'épreuve. Son aide matérielle a été aussi précieuse (voiture, remorque au cas où, etc.).
-Mon amoureuse, Laure, qui m'a laissé prendre le départ alors qu'elle flippait pour moi. Organisée, elle a assuré la logistique de fond durant toute la semaine alors que j'étais dans mes montagnes auvergnates.

Même s'il n'est plus besoin de mots entre nous: putain que je vous aime mes amis et ma chérie!



Je ne connais pas encore le détail des résultats sportifs, mais, en terminant 25ème au scratch final, je dépasse haut la main l'objectif initial, remportant la catégorie classique devant l'inaltérable Rob que je remercie au passage pour tout ce qu'il a fait pour moi durant toute cette semaine.


Un salut particulier aussi à Flo44 que je suis depuis longtemps et qui rafle sa catégorie, Olivier Crespe qui a bien perfé lui aussi et à tout les copains que j'ai pu croiser durant cette aventure. J'oublie plein de personnes, plein anecdotes, comme celle de croiser Gi-nox à Gelles (belle surprise!).


Merci à tous les organisateurs bénévoles sans qui tout cela n'existerai pas. Les vrais champions, ce sont eux, car sans eux, nous irions sur un circuit ou aux champignons, mais il n'y aurait pas de rallye!


Coucou à tous les copains de Lyonmotard avec lesquels j'ai l'habitude de rouler depuis des années!




Vivement l'année prochaine!
« Modifié: 28 août 2017 à 17:23:41 par Mehdingue »
Les modes passent, seuls les classiques restent.

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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #58 le: 28 août 2017 à 17:27:55 »
Eh ben ! Félicitations !! :D

Un grand bravo au pilote bien entendu mais également à toute la joyeuse équipe d'assistance. :top:

Merci pour ce partage d'émotions et de "tranche de vie" de motard, c'était génial... vivement l'année prochaine, comme tu dis ! >:D 
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Re : [Rallye routier] une vieille sportive pour routes pourries.
« Réponse #59 le: 28 août 2017 à 17:49:32 »
Merci pour ce CR Mehdi :top:

Et grosses félicitations pour le résultat :o :o :o

A tous niveaux je préfère ce CR à celui de l'année dernière :P

Un jour il faudrait qu'on parle tous les 2 :)
Il n'y a pas de bonne monture pour voyager. Il n'y a que celle avec laquelle tu te sens bien et dont tu acceptes les contraintes. Mélusine Mallender.